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Portrait du mois : Portrait d'un acteur innovant en Pays de la Loire
Patrick CHEPPE
Sonats voit le jour en 1992 et fera de la prestation d’expertises de mesures scientifiques associées à des études d’ingénierie permettant à ses clients d’optimiser la production des pièces ainsi que leur durée de vie.
Une stratégie de développement par l'innovation
L’activité d’ingénierie de Sonats, avec des moyens de mesure, commence petit à petit avec deux personnes et un nouveau thésard pendant 2 à 3 ans. La validation d’Airbus donnait une crédibilité à nos études pour aller vers d’autres horizons. Se pose alors la question : ou bien nous restions une société d’ingénierie et d’expertises ponctuelles ou bien on créait une entreprise industrielle avec son produit ou procédé permettant une récurrence de marché. C’est ainsi que l’idée de développer un nouveau procédé a émergé en l’associant aux compétences d’ingénierie qui permettait de renforcer la durée de vie des pièces ou d’en optimiser leur comportement en cours de fabrication, comme l’usinage ou l’assemblage par exemple.
L’entité se développe durant les trois premières années avec un investissement initial de 200 000 € d’investissement dans un premier équipement d’analyse de contraintes résiduelles par diffraction de rayons X. Puis par le biais de programmes de développement innovants en collaboration de grands donneurs d’ordre tels que AIRBUS, SNECMA, EDF, …nous arrivons à mettre au point une nouvelle technologie de traitement de surface par impact à partir d’ultrasons permettant de renforcer la durée de vie des pièces mécaniques. Nous étions sur une niche pour traiter les pièces à haute valeur ajoutée et faire du développement technologique, de nombreux brevets on été déposés soit au nom de l’entreprise, soit en copropriété ou dans le cadre de brevet / licence d’exploitation exclusive avec nos clients. Nos clients étaient l’industrie qui cherchait à optimiser la performance de leurs pièces en exploitation tout en optimisant leur cout et leur cycle de fabrication. Le nouveau procédé de SONATS devait se décliner en prestations de services, et en fabrication de machine de traitements.
Compte tenu du fait qu’il fallait mettre en application une innovation dans l’industrie, ma stratégie a été de compléter les compétences techniques de développement de conception et de développement par le rachat d’entreprises de fabrication de pièces ou d’ensemble de précision de façon à limiter les risques d’échec de cette innovation pour des raisons de mise en œuvre.
Deux sociétés d’usinage, une d’ajustage pour et une de technologie clé – SONIMAT spécialisée en soudage et découpage par ultrason - nécessaire à l’innovation sont rachetés pour créer le groupe Europe Technologie, sa caution étant le développement de projets d’innovation technologique au service de l’industrie. Puis dans les années 2000, j’ai voulu prendre le virage composite et j’ai créé l’entreprise Atlantique Ingénierie Composite en 2004 à partir d’une coopération avec de grands donneurs d’ordre qui continuaient à nous faire confiance pour travailler sur ces nouveaux matériaux et le soutien de laboratoires de la Région. Comme pour SONATS, il y avait 10 ans, la stratégie était de partir de l’ingénierie des procédés de fabrication des pièces ; mais cette fois en composite puis de décliner les métiers d’expertise vers la fabrication de pièces proto ou de test en laboratoire.
Secteurs d'activité et concurrence
Quels sont les secteurs sur lesquels vous travaillez ?
L’aéronautique et spatial – cellule et moteurs avions- , l’énergie : centrales nucléaire et thermique, défense, naval, l’agro-alimentaire : les emballages (nous avons un brevet sur l’ensachage à vitesse continu qui permet de garantir une parfaite étanchéité, de réduire les pertes de produits et également de diminuer la quantité de film d’emballage), le médical et cosmétique : soudage par ultrasons des masques pour la grippe par exemple, des prothèses de vertèbre), l’off shore…automobiles de compétition. La démarche d’ingénierie et de mise au point de technologie appliquée à l’industrie est toujours la même quelque soit le secteur.
Et la concurrence ?
Dans certains cas, nos technologies sont brevetées donc pas de concurrents officielles directs mais plutôt des technologies concurrentes. Dans les autres cas, nous devons être innovant et force de proposition pour apporter une différenciation valorisable par les clients. Néanmoins notre point fort est le fait que nous intégrons tous les métiers de la conception en passant par la production, le dépannage des machines à la maintenance. Nous ne dépendons pas des fournisseurs, nous travaillons principalement avec des partenaires. C’est plus compliqué à gérer en nombre de métiers mais on y gagne en maîtrise de la qualité et de la performance de nos produits ou services et on est très réactif et souple, ce qui est apprécié par nos clients.
L'international
Sonats c’est 70 % à l’export et tire notre groupe EUROPE TECHNOPLOGIES sur différents territoires : Amérique du Nord - Asie – Nord Afrique – Europe (Allemagne, Italie Espagne, Angleterre, pays du nord). Nous avons une filiale au Canada, un accord de partenariat très fort au Japon et différents agents dans le monde. En amont, notre responsable export fédère des projets technologiques avec différents clients dans le monde pour déboucher sur de nouveaux marchés. Nous cherchons à comprendre et à nous adapter à la culture des pays pour répondre à leurs exigences particulières. Ce fut le cas pour le Japon par exemple.
Et la crise ?
Elle a été hyper dure pour tout le monde. Au début nous nous pensions de façon un peu présomptueuse que l’innovation et la technologie nous mettait à l’abri. Aujourd’hui on sait que personne n’est épargné car les marchés se sont fermés et les investissements se son bloqués. Heureusement, le fait d’être multi sectoriels et multi métiers nous a permis de nous récupérer sur la maintenance, sur des prestations de service, de capter de nouveaux marchés de sécurité non touchés par la crise. Je suis actuellement réaliste et dans l’optimisme de voir une amélioration économique, une reprise des demandes du marché ou bien révéler de nouveaux besoins, nous avons continué à investir dans des moyens spécifiques de fabrication.
Comment réussit-on aujourd’hui ?
Au-delà de la technologie et de la science ; tout se joue dans le recrutement de l’équipe. Notre principe est de savoir dire ce que l’on fait et de faire ce que l’on dit à tous les niveaux, et quand cela ne va pas on le dit aussi clairement, Ne rien cacher, même si des difficultés apparaissent afin d’anticiper et d’agir. Si les résultats sont là il faut communiquer, « une communication interne simple et directe et régulière ». Si on veut parler d’école de management, pour moi le CJD, Centre des Jeunes Dirigeants, aura été « l’école » qui m’aura vraiment marqué durant l’ensemble de mes études, le reste c’est du support de savoir faire technique, scientifique et organisationnel. J’ai également beaucoup appris avec des formations telles que la finance « bon sens » qui permet de bien maîtriser nos indicateurs et tableaux de bord. Mes recrutements clés ont été à tous les niveaux, aussi bien dans les ateliers que dans les bureaux d’études ou d’administration. Au fur et à mesure que l’entreprise s’étoffait, notre façon de commercialiser fut de créer des partenariats avec nos clients pour assurer de la pérennité à notre entreprise et nos fournisseurs pour obtenir de la constance sur la qualité des prestations vendues.
Quelles sont les valeurs mises en avant au sein de votre groupe ?
Une entreprise finalement fonctionne si l’aventure humaine est réussie, dans une PME le lien humain est très fort, le vrai sujet : créer l’envie d’être ensemble pour faire, est-on prêt à relever des défis et est-ce qu’on y croît ? J’ai mis en place un management ouvert sur la confiance, avec une relation simple et directe sans barrière protocolaire. Mon style de management se rapproche plus de celui des USA, à savoir l’exigence avec un discours et des challenges clairs en sachant valoriser, motiver, surprendre dans le bon sens du terme, laisser de l’autonomie, et aussi annoncer un mécontentement en un mot donner envie d’entreprendre. Le chef d’entreprise doit organiser, gérer et prendre les coups si nécessaire dans tous les domaines, c’est le premier représentant de la société. Ma vision du chef d’entreprise n’est pas de tout contrôler en permanence mais de faire en sorte d’être au coté des équipes et d’assurer l’entraide entre elles. Sur un plan social et après discussion avec le personnel, nous avons petit à petit mis en place des contrats d’intéressement et des plans épargne entreprise.
Quelle est votre ambition aujourd’hui ?
Pour la sécurité financière du groupe, j’ai d’autres idées de diversification : le bois, matière naturelle qui est une façon de produire plus écologique. L’expérience nous a montré qu’à chaque ouverture vers un autre secteur certaines applications étaient transférables à d’autres. A titre personnel, mon objectif est d’avoir avec moi des créateurs d’entreprises : mes associés sont des créateurs. Pour consolider une entreprise en croissance comme la nôtre, j’ai fait entrer au capital trois associés dirigeants qui dirigent les trois pôle d’Europe Technologies : pôle composite avec Atlantique Ingénierie Composite, pôle technologique avec Sonats et Sonimat et le pôle mécanique avec MPS et Oratech Innovation).
